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Voyages

Dimanche 23 juillet 2006

   

 

 Shanghai...

Juste un bref retour en arrière pour un rapide survol de mes premiers pas en tant que gentil biquet expatrié.

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C'est à la fois facile et compliqué de disserter sur Shanghai. Son histoire est jeune surtout comparée à celle de l'empire chinois: une des plus anciennes civilisations au monde.

 

 Et Shanghai, tte mignonnette au milieu de tous ces fossiles enfardés! Certes le terme est fort voire même provocateur, mais il y a un peu de ça.

 Un parfum d'exotisme, une senteur d'aventure qui restent obstinément accrochés au bas fond shanghaien, vieux souvenir de la belle époque début XXème siècle, n'est ce pas Tintounet?

Toujours est il que Pékin s'est toujours méfiée de Shanghai, la jeune et irrévérencieuse cité. L'autorité centrale a toujours cherché à limiter son "pouvoir".  Après son âge d'or, elle fut mise de côté et délibérément oubliée.

Et puis un beau jour, au milieu des années 80, le Secrétaire général du parti (Deng Xiao Ping je crois), de passage à Shanghai décida que la punition avait assez dûré et qu'il était temps de redonner un coup de fouet à cette cité endormie, à ce fauve en hibernation.

 

Un matin alors qu'il se promenait sur le bund (la jetée le long du fleuve que vs avez pu apercevoir sur la première photo) en méditant quelques pensées bien tournées de Lao Tseu ou Confucius (je ne me rappele plus trop exactement lequel) il s'accouda à la balustrade et laissa son regard vagabonder sur les eaux roulant sous ses yeux. Spontanément quelques vers lui vinrent à l'esprit, et il se prit à les déclamer...

 

"Le long du Bund s'enfuit le Huang pu,               ("fleuve jaune" prononcez Rouang Pou)

 Et nos égouts,

 Faut il que tout soit flou

 La fortune vient toujours avec les sous!"

 

Et oui c'est qu'il était poête à ses heures. Chacun son violon d'Ingres après tout.

A cet instant je dois préciser que toute la rive est du Huang Pu appelée PuDong (= "Est du fleuve": sont pas compliqués les chinois!..) n'était qu'immense verger.

Le secrétaire général du parti se dit donc: "IFl faut dynamiser cette cité. Mais nous manquons de fond, mais les "laowais"(les étrangers) en ont. Conclusion: il faut les faire venir."

[ Je ne sais pas si vous saisissez bien toute la puissance du raisonnement...]

"Pour les attirer, il leur faut des terrains" [intense réflexion] Yaka fokon! "Fichez moi en l'air tous ces vergers et construisez moi en ce lieu quelques solides gratte-ciels."

J'ai envie de dire aussitôt dit, aussitôt fait! En Chine, le batiment, ça traîne pas!

 

Ces quelques vers qui s'échappèrent de la bouche du maître furent portés par un léger zéphyr jusqu'au bord du lac de Hangzhou. C'est ainsi que je les recueillis, susurrés à mon oreille par quelques roseaux alors que je me promenais par une belle après midi ensoleillée au bord de son rivage.

Comme quoi l'ombre de Midas plane sur la Chine, mais attention la roue tourne (c'est nul! mais immanquable) 

Et c'est ainsi que la grande aventure débuta et continue encore aujourd'hui : folie constructive, véritable ruche qui s'étend de jour en jour... Nouvelle tour de babel, insolents buildings dont la cîme gratouille le ventre débonnaire de quelques nuages indolents.

 

 

Aujourd'hui PuDong continue à s'étendre. Tout concourt à cette extension: boom des JOs, capitaux étrangers, main d'oeuvre bon marché, rêve de grandeur et immense fierté chinoise de leur empire. 

Bref, à Shanghai, il y en a pour tout le monde : demeures européennes datant du temps des Concessions (début du siècle dernier), immeubles de style "européen" début du siècle, vieilles batisses chinoises traditionnelles,

 

 Bicoques délabrées fuyant par tous les orifices et bien sûr nouveaux buildings.

 

 

J'ai aussi eu l'occasion de traîner mes guêtres dans Nanjing Lu, la plus grande artère commercante de Chine. C'est une grande rue piétonne toujours très animée. Toutes les 3minutes un petit train électrique couvre de son klaxon strident le brouhaha de la foule. J'en profite pr placer un bref aparté sur la nature du chinois:

en un mot comme en cent-gène!

 

C'est terrible: alors que tu te tiens tranquillement dans le métro, voyageant peinard, humant à plein poumons un air frais et vivifiant, tu te rends soudain compte que tu dois descendre à la prochaine station.

Tu quittes donc à regret ta "place", et te diriges tranquillement à pas mesurés vers la porte.

Ca y est on est arrivé.

la porte s'ouvre avec ce bruit si familier (c très pavlovien tout ça) et là... Bonne mère! C'est le drame tout simplement!

 

 

Pas moyen de sortir, ni même d'y penser d'ailleurs.  Le contingent chinois sur le quai prend d'assault la rame avec autant de précipitation que si un tofu [fromage de soja :(  ]géant leur courait après! Et ce n'est pas peu dire.

 

A ce moment deux solutions: technique tutur :

-"Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens."

Technique jean:

"Dui bu qi... Dui bu qi, wo zai zhe ge zhan xia che! Dui bu qi..." (la voix bien onctueuse, le sourire aux lèvres, le chic type, quoi!)

 Bon c'est vrai que dans ces cas là le choix se fait assez vite. Comme dirait Urbain de Gonzague ( paix à son âme) :

 "Si vous êtes pressés, suivez l'honneur qui marche droit, laissez  la conscience qui zigzague.." Enfin bref , vous l'aurez compris, Arthur est un homme d'honneur!

Bon du coup, s'extirper de la masse et rejoindre le quai s'apparente le plus souvent à un maul conquérant!

Je m'attarderais plus longuement sur cet état d'esprit.

 

Mais revenons à Nanjing Lu.

Belle de jour:

 

Mais aussi belle de nuit:

 

 

Ouah!...  Trop beau!

 

Par joninho
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